RECONSTITUTION DE LA LIGUE DISSOUTE

Musée Muséum de Gap

En gants blancs

En gants blancs
Exposition collective Musée Muséum de Gap

Sophie Menuet réalise des œuvres en trois dimensions dans des matériaux et des techniques qui viennent le plus souvent de la couture. Le travail d’aiguille de ses sculptures est montré. Voilà, se dit-on, une histoire cousue de fil blanc. Le discours féministe nous a habitués à ce genre de détournement. De Pierrette Bloch à Marie-Ange Guilleminot en passant par Annette Messager, l’ouvrage de dame détourné de son statut domestique dame le pion aux « œuvres » du mâle. Décontextualisé, exposé en regard des « œuvres », il provoque un « trouble dans le genre » plus ou moins redoutable.

L’ensemble qu’elle présente cet hiver et ce printemps au musée de Gap et au musée Balaguier de La-Seyne-sur-Mer est de ce point de vue d’une rare efficacité. On y voit beaucoup de tissu, des personnages à l’allure inquiétante comme ceux qui prenaient place déjà dans l’exposition de la galerie des Ponchettes, à Nice, il y a deux ans d’ici. Beaucoup de hauts mannequins patibulaires et quelque peu horrifiques à force de sur-piquage réparateur, cousus comme des créatures de Nosferatu, beaucoup de bras tendus vers le haut, mi aliens de soie mi tumuli sommés d’une main en forme de pince comme pour se saisir de quelque chose d’interdit ou d’innommable. Beaucoup d’angoisse qu’on à peine à dire apprivoisée tant la clé de ces effigies mises en pleine lumière, exposées sous toutes les coutures, fait songer aux apparitions terrifiantes de l’enfance en haut des escaliers de la peur...
Xavier Girard, février 2012.

Variations, 2011

Variations, 2011
Face

Variations

Variations
Dos

variations, 2011

variations, 2011
côté, satin, fil, ouate, 190/60/40 cm

Gant-vagues 3

Gant-vagues 4

Sophie Menuet

Le Corps brodé